Deux ans de solitude, (H x L x l) : 41 cm x 33 cm x 50 cm Horloges mécaniques, bois, mousse acoustique 2016

Deux ans de solitude, (H x L x l) : 41 cm x 33 cm x 50 cm
Horloges mécaniques, bois, mousse acoustique
2016

Faisant référence à l’œuvre littéraire de Gabriel Garcias Marquez (100 ans de solitude), Mark Daovannary se retrouve sensible au champ lexical utilisé, lié à la solitude, la dépression, la guerre ou encore la famine. Cela lui semble familier. En lien ici à l’histoire de ces ancêtres, l’artiste nous met donc face à la création d’une allégorie, celle du temps qui s’arrête. Les deux horloges présentées se neutralisent à l’aide d’un mécanisme précis. Le temps n’agit plus en relation à une réalité extérieure. Deux ans de solitude et pas plus, équivaut à l’espérance de vie des piles utilisées pour les horloges.

 

 Créer racine, (H x L x l) : 70 cm x 120 cm x 50 cm Gomme laque, branche d’arbre 2016

Créer racine, (H x L x l) : 70 cm x 120 cm x 50 cm
Gomme laque, branche d’arbre
2016

L’œuvre Créer racine s’ancre dans l’aspect généalogique, faisant références aux parents de l’artiste. Ces derniers ont quitté l’Asie et se sont donc détachés de l’arbre généalogique, laissant échapper une culture pour arriver dans une France, fonctionnant sur le modèle de l’assimilation, et non de l’intégration. L’artiste récupère alors une branche d’arbre s’étant déchiré de son tronc. Les parties dénudées sont recouvertes de gomme-laque, (résine naturelle fabriquée à base d’excréments d’insectes, issus d’Asie du Sud-Est) venant préserver la branche de l’arbre généalogique d’origine.

 "Mais en vrai, tu viens d'où?",(H x L x l) : 300 cm x 30 cm x 10 cm Tirage en plâtre, fil 2016

"Mais en vrai, tu viens d'où?",(H x L x l) : 300 cm x 30 cm x 10 cm
Tirage en plâtre, fil
2016

L’oeuvre se concentre sur l’expérience propre de l’artiste. Elle résonne comme le produit d’une diversité culturelle difficilement identifiable pour autrui. La diversité culturelle renvoie en même temps à une singularité perçue par l’artiste comme un enrichissement dont cependant il a souffert au détriment d’une société tentant mécaniquement d’assimiler. Issus de la première génération de fils d’immigrés l’artiste se pose comme le produit de cette assimilation. Le sentiment de perte intervient par son origine asiatique, né dans la banlieue parisienne et rattaché à l’univers de l’art, les catégories machinales se retrouvent aux yeux d’autrui difficiles. Alors arrive ce sentiment gênant d’être pointé du doigt preuve de l’impossibilité à identifier d’où vient l’autre et produisant une perte d’ancrage culturel et identitaire. L’artiste tente ici de ré-exploiter
ce manque en recherche d’origine.

 L'humanité n'est qu'une enfant, Photo (H x L x l) : 110 cm x 220 cm x 0,3 cm 2016

L'humanité n'est qu'une enfant, Photo
(H x L x l) : 110 cm x 220 cm x 0,3 cm
2016

La photographie en noir et blanc dévoile un corps de dos tendant les bras horizontalement, et surplombe une échelle rappelant les frises chronologiques. Les deux extrémités des bras correspondent à cette frise, partant de l’apparition de la vie sur terre, et s’achevant à aujourd’hui. Alors, l’humanité sur cette échelle ne mesure pas plus qu’un ongle. Cette première œuvre ouvre le parcours, interrogeant d’emblée les notions d’espace et de temps de manière générale.

 Le poids d'un vœu, (H x L x l) : 5 cm x 20 cm x 20 cm Coussin, bracelet bouddhiste 2016

Le poids d'un vœu, (H x L x l) : 5 cm x 20 cm x 20 cm
Coussin, bracelet bouddhiste
2016

L’œuvre présentée ici marque une progression dans l’intimité de l’artiste, et dévoile un aspect symbolique de l’espace et du temps.
La mère bouddhiste donnant un bracelet à son fils, lui agnostique, pour qui ce bracelet n’a pas plus de valeur qu’il n’a de poids.
Cependant, le fin bracelet côtoie le poignet pendant des années, et lorsque celui-ci se détache, quelque chose se délie et la force symbolique a alors un poids, celui du vœu ayant vécu dans la temporalité de celui qui l’a porté.

 

 Vingt-cinq ans de prières, (H x L x l) : 200 cm x 300 cm x 10 cm Étagères, tiges d’encens 2016

Vingt-cinq ans de prières, (H x L x l) : 200 cm x 300 cm x 10 cm
Étagères, tiges d’encens
2016

L’oeuvre présentée, fait preuve d’un bousculement du système de croyances de l’artiste. Connaissant la pratique bouddhiste de sa mère, allumant trois tiges d’encens par semaine, et priant pour les ancêtres comme le veut la tradition, l’artiste découvre que la prière maternelle n’est pas qu’à destination des ancêtres, mais aussi pour ses enfants. Ainsi, l’œuvre disposée à la hauteur des autels bouddhistes, compte une totalité de trois mille six cent tiges. A raison de trois tiges d’encens par prière, celles-ci sont multipliées par le nombre de semaines… sur une période de vingt-cinq années. Le temps ainsi représenté correspond à l’âge, au cours duquel, l’artiste fait la découverte de la pratique religieuse d’autrui qu’il croyait connaître. Symboliquement, ici, la prière aux ancêtres et aux enfants parle de plusieurs temps, celui du passé et celui du futur.

 

 Ex-voto, (H x L x l) : 71 cm x 150 cm x 4 cm Planche en bois, encre de chine, peinture acrylique 2016

Ex-voto, (H x L x l) : 71 cm x 150 cm x 4 cm
Planche en bois, encre de chine, peinture acrylique
2016

Un nouveau niveau de progression dans l’intime se démarque, par l’héritage des croyances familiales. Une mère chrétienne et bouddhiste, l’artiste lui agnostique, tente une hybridation afin de créer un nouvel ex-voto reprenant différents codes religieux. Le rouge rappelle l’autel bouddhiste, lorsque la typographie renvoie à l’ex-voto chrétien. Pour l’artiste ici, il s’agit d’une déclaration à l’entourage l’ayant accompagné à poursuivre sa pratique de l’art. En effet, Mark Daovannary ne croit pas en l’une de ces religions mentionnées, mais dans les personnes les plus proches de lui, sa famille dont il signe en leur nom. La phrase quant à elle, n’est autre que la signification du nom de famille de l’artiste. L’œuvre apparaît ici, comme un remerciement à ses proches, l’ayant amené jusqu’ici sous le patronyme édité dans une phrase, qui lui renvoie ainsi, à l’héritage des ancêtres.

 

 Réalité masquée,(H x L x l) : 60 cm x 50 cm x 0,3 cm Papier Pearl contrecollé sur Dibond 2mm 2016

Réalité masquée,(H x L x l) : 60 cm x 50 cm x 0,3 cm
Papier Pearl contrecollé sur Dibond 2mm
2016

Jouant sur la différence existante entre l’identité et l’identifiable, Mark Daovannary côtoie autant le monde de la mode, les arts plastiques, que la photographie tout en s’inscrivant à l’ère du numérique. La quête de l’ambivalence des rapports entre identité et identifiable s’inscrit dans cette oeuvre à travers le masque. Ici, le mannequin joue un jeu et se pose devant l’objectif. Le photographe quant à lui, coordonne le jeu du mannequin et l’immortalise. Enfin, intervient le travail de retouche effectué par Mark, qui lui, appose littéralement un masque, afin de gommer les marques du temps. L’identité d’une personne se retrouve ainsi questionnée. Où s’échappe sa singularité ? Quelle est son identité ou que devient-elle ? L’ambition de produire une beauté quasi aseptisée dévoile un processus permettant à tout le monde de s’y projeter. Le mannequin servant de moyen ici se retrouve dépourvue de caractéristiques singulières. Ici, de manière paradoxale, alors que les retouches sont censées mettre en avant la beauté, elles apparaissent ici sous un aspect horrifique, spectral dévoilant un fantôme.

 

 

 Pluie de printemps,(H x L x l) : 5 cm x 110 cm x 110 cm Faïence, bois, pluie 2016

Pluie de printemps,(H x L x l) : 5 cm x 110 cm x 110 cm
Faïence, bois, pluie
2016

Pluie de printemps dévoile une œuvre prenant la forme d’un carré s’étendant sur un mètre, sur lequel en son centre fait de terre se trouve figées dix secondes de pluie printanière. Laissant ainsi son empreinte, l’artiste tente de saisir la matérialité de l’élément minéral disparaissant et se caractérisant ainsi par son côté éphémère. Mark Daovannary  nous interroge sur l’épreuve du temps, ici sur quelques secondes, matérialisées par la pluie. Malgré la volonté de cristalliser l’insaisissable, l’œil remarque et observe la continuité du Temps agissant. Ce dernier vient fissurer le disque de pluie, venant œuvrer à son tour. Ainsi, le mouvement propre d’une nature changeante intervient pour reprendre ses droits tandis que l’artiste tente d’en saisir toute la subtile poétique qui s’en dégage aussi bien symboliquement que plastiquement. L’artiste nous interpelle et se demande s’il est possible de fixer le Temps qui paradoxalement nous semble insaisissable.

© Images courtesy of the artist.